Rencontre Maudite

Chapitres : 1 2 3 4 5

St Paul-Mineapolis – Minnesota

Original Cindy se raidit soudainement, ayant entendu le bruit familier non loin à sa droite. Elle posa son journal, attrapa doucement le spray, poussa le bouton pour allumer la lumière et se précipita à la poursuite du moustique qui lui tapait sur les nerfs depuis bientôt trente minutes. Zigzagant à travers la pièce, elle infesta la pièce de l'odeur affreuse de la bombe anti-moustiques tandis qu'une ombre apparaissait sur le seuil de sa porte. Ne l'ayant pas tout de suite repérée, Cindy continua son infernale besogne et daigna enfin s'arrêter lorsqu'une voix perça l'air de la pièce.

- C'est tous les jours comme ça ?

La jeune femme noire se retourna, affichant une expression surprise à la vue de la personne qu'elle voyait puis un sourire affectueux se dessina sur ses lèvres.

- Seulement tous les mercredi.

Cindy balança le spray sur son lit de camp et étreignit sa meilleure amie du mieux qu'elle put. Elle avait l'impression qu'une éternité s'était écoulée depuis le jour où elles s'étaient séparées, le jour de l'évacuation du secteur 5. Et cette impression s'était renforcée par le fait qu'elle passait ses journées à ne rien faire, si ce n'est lire des magazines qu'elle avait trouvés par-ci par-là ou bien zapper sur les trois ou quatre chaînes à la télévision.

- Qu'est ce que mon choux vient faire dans le Minnesota ?

- Je passais pas très loin alors je me suis dit qu'une petite visite ne serait pas de refus.

Cindy croisa les bras sur sa poitrine comme à son habitude, lorsqu'elle allait réprimander son amie.

- Max …

- Où est le mal à vouloir te voir ? s'enquit Max.

La réponse silencieuse de la jeune femme poussa Max à lui dire la vérité.

- D'accord. Je me suis … disons plus ou moins disputée avec Michael.

- Et tu ne sais pas où crécher, c'est ça ?

- C'est un peu ça oui.

- Alors tu utilises Original Cindy comme dernière option.

La X-5 allait ouvrir la bouche pour se justifier quand elle fut interrompue.

- Je plaisante mon choux, je plaisante. Original Cindy ne refuserait jamais sa boo, même si c'était sa dernière option.

Max entra donc dans la pièce, enleva son blouson en cuir puis s'assit sur le lit, en position de tailleur. Elle eut le regard vide deux ou trois secondes, se perdant dans ses pensées puis tourna la tête vers son amie, lui faisant un sourire.

- Raconte-moi comment ça se passe ici. Ils te traitent bien au moins ?

- La nourriture n'est pas de la nourriture, ou du moins ça n'y ressemble pas ; l'hygiène est déplorable, on se lave avec de l'eau soit glacée soit bouillante et pour finir à partir de sept heures du soir ils nous enferment à moitié dans nos chambre avec interdiction de sortir jusqu' au lendemain matin.

- Si seulement je pouvais t'aider … faire au moins un petit quelque chose pour essayer d'améliorer tes conditions de vie.

- La quarantaine ne va pas s'éternisé des années non plus. Mais j'avoue que notre petit appartement commence réellement à me manquer, déclara Cindy quelque peu nostalgique. Tout me manque. Toi, Sketchy, Herbal et même Normal.

- Tu me fais peur là.

Des cris venant du couloir interrompirent leur conversation qui furent suivis de bruits de pas précipités, comme si quelqu'un courait bruyamment.

- Je croyais que tu devais partir dorer ton derrière loin de ce trou à rat qu'est devenu Seattle.

- Il y a eu des complication depuis.

- Et ces « complications » portent de nom de Cale je présume ?

- Quand je pense que c'est toi qui lui a donné l'adresse …

- Hey ! Ne me blâme pas tout de suite. Je lui ai dit qu'il pouvait toujours se brosser pour l'avoir mais il m'a répondu qu'il voulait essayer d'arranger les choses ou du moins t'expliquer je-ne-sais-quoi. C'est ce qu'il a fait, non ?

- Oui.

- Et ?

- Cindy … commença Max d'une voix suppliante.

- Il n'y a pas de « Cindy ». Je veux savoir tout de suite dans les moindres détails tout ce qui s'est passé.

La transgénique soupira puis se plongea bien des heures plus tôt au moment où elle avait aperçu la silhouette du jeune homme dans son fauteuil, la main à deux millimètres de la sonnette.

***

Quelque part dans le Wyoming

Tout était noir. Plus rien n'existait si ce n'est une douleur insupportable. Etait-ce la mort ? Sa fin était-elle venue ? Il ne le savait pas. Tout ce dont il se souvenait était le visage de Max. Le visage de son ange noir.

Une odeur lui parvint brusquement. Une odeur de plante. Puis la douleur s'intensifia, le faisait émerger petit à petit vers la surface et lui faisant sentir ses membres endoloris. Logan s'aperçut qu'il n'était pas sur son fauteuil mais que ses bras lui faisaient atrocement mal, comme si quelqu'un les lui tiraient en sens opposé. Il ouvrit difficilement les yeux mais ne trouva qu'un flou immense car il ne portait pas ses lunettes. Il bougea la tête et distingua une forme à sa gauche qui se déplaça. Soudain, un son fit vibrer ses tympans.

- Dur réveil n'est-ce pas ?

Logan tenta de reconnaître cette voix mais en vain. C'était une voix masculine mais inconnue au bataillon. Il toussa deux fois puis ouvrit la bouche, la gorge très sèche.

- Où est-ce que je suis ?

- Quelque part loin de Vancouver.

- Qui êtes-vous ?

- Ca n'a pas d'importance pour le moment, répondit l'homme d'une voix indifférente.

- Pourquoi je suis ici ?

- Ce n'est pas votre rôle de poser les questions, jeune homme.

Logan tenta de bouger ses mains, voulant toucher la blessure qu'il avait derrière le crâne et constata qu'on l'avait suspendu par les bras. Même s'il ne pouvait plus bouger ses jambes, il savait qu'il ne touchait pas le sol. Ces types ne plaisantaient pas.

- Que savez-vous de l'X5-452 ?

Le jeune homme blond fronça les sourcils. Il ne comprenait pas ce qu'il voulait. Il ne savait pas ce qu'était l'X5-452, Max ne lui ayant jamais dit son code barre.

- Je ne sais pas de quoi vous voulez parler.

- Je répète ma question : que savez-vous de l'X5-452 ?

- Mais je viens de vous dire que je ne sais pas ce qu'est l'X5-452 ! cria-t-il malgré la douleur qu'il éprouvait au crâne.

- Je vois. Peut-être qu'il faut utiliser un autre vocabulaire ?

Il réalisa dans la seconde où l'arme s'abattit sur ses vertèbres qu'il fallait qu'il donne une réponse convenable. Mais le problème était qu'il ne connaissait pas cette réponse.

- Je vous jure que je ne sais pas de quoi vous parlez.

- Et si je vous dit, déclara l'homme en s'avançant vers le visage de Logan, que je détiens des photos vous montrant avec elle. Vous allez toujours me répondre la même chose ?

- Elle ? De qui parlez-vous ? s'enquit-il en essayant de deviner.

- Vous êtes vraiment têtu.

Logan entendit ses côtes craquer lorsque l'arme s'abattit une nouvelle fois sur lui, le faisant hurler.

- « Elle » est une de mes enfants, des êtres spécialement créés pour le combat. Ce sont des soldats ayant la force de dix hommes et la rapidité d'un félin.

A cet instant, un seul mot lui vint à l'esprit. Max. Cet homme parlait de Max Guevara, la femme de sa vie.

- Je ne vous dirais rien sur elle.

Nouveau coup, nouveau hurlement.

- Très bien. Je vais changer de question : où se trouvent les autres X5 ?

- Vous voulez dire qu'il y a d'autres personnes comme elles ?

- Ne me prenez pas pour un idiot. Je suis certain qu'elle vous a dit où ils se trouvaient.

- Je sais simplement qu'elle est différente, c'est tout. Je n'ai pas voulu approfondir le sujet, ça lui faisait trop mal, répondit Logan en grimaçant.

L'homme inconnu fit un mouvement, s'avançant vers les autres personnes présentes dans la salle.

- Détachez-le.

Les soldats obéirent. Il défirent les chaînes qui maintenaient Logan, tinrent ce dernier car il ne pouvait pas marcher puis le placèrent sur une sorte de lit. Grâce à des ceintures ils lui maintinrent les bras, le torse et les pieds.

- Les moyens utilisés par ces personnes que vous voyez ne sont pas les miens, ils ne sont pas efficaces pour moi.

Une porte s'ouvrit, des pas se firent entendre puis Logan aperçut un homme en blouse blanche arriver. Un médecin. Il voyait maintenant les autres méthodes. Ce médecin allait certainement lui injecter une drogue ou quelque chose dans le même genre pour le faire parler, sans qu'il puisse se défendre. Mais alors pourquoi l'avoir maltraité de la sorte ? Peut-être pour le plaisir. Un sadique, c'était un sadique. Comme tout les psychopathes dans son genre.

- Vous perdez votre temps, croyez moi.

- Au contraire, je suis certain que je vais apprendre beaucoup de choses.

- Colonel nous ne pouvons plus attendre, fit le médecin.

La forme blanche se déplaça, se pencha au-dessus de Logan qui tenta de se débattre mais se stoppa quand il sentit une douleur, puis un engourdissement suivi d'une envie monstre de fermer les yeux.

***

Space Needle – Seattle

Quatre mois plus tard

« Je me demande quelques fois pourquoi le destin est si dur avec moi, pourquoi tous ces évènements arrivent et ne laissent que douleur et désespoir, pourquoi il a fallu que je ressente des choses que j'ai du mal à comprendre. J'ai toujours eu du mal. Ma nature de machine à tuer est sûrement incompatible avec ça. Il n'y a pas d'amour ni d'amitié à Manticore, à moins d'être considéré comme faible par les autres. Zack le pensait, d'ailleurs il doit toujours le penser. Il n'y avait que le sentiment fraternel qui devait exister pour lui. Rien d'autre, pas d'attachement aux « normaux ». Il disait que ça nous nuirait, que nous allions être en danger car nous serions plus sur nos gardes.

Je crois que c'est justement le contraire car s'attacher à moi peut apporter des ennuis en raison de l'incessante chasse qu'entreprend Lydecker depuis dix ans. Logan n'a pas encore eu le malheur de le rencontrer et ça me rassure. Lydecker ne doit pas être au courant des relations que nous avons eu, je ne pourrai pas supporter qu'il arrive quelque chose à Logan à cause de moi.

D'ailleurs ça fait des mois que je n'ai pas eu de nouvelles de lui. Peut-être est-ce mieux ainsi ? Malgré le fait qu'il me manque atrocement, que j'ai une envie folle de le voir, je ne l'appellerai pas. Je ne veux pas qu'il mène une vie remplie insoutenable avec la peur que je sois rattrapée par mon passé ou qu'il soit lui-même entraîné dedans, en plus de son handicap qu'il a du mal à supporter. De toute façon, le numéro de portable qu'il possédait quand il habitait à Seattle ne marche plus.

Je ne sais pas où nous en serions s'il n'était pas parti vivre à Vancouver. Peut-être que j'aurai eu la vie que j'avais espérée, loin de Manticore, de Lydecker et de tout ce qui me rattache à mes frères et sœurs.

Demain sera l'anniversaire de notre rencontre sur cette route. Je ne sais pas s'il fera quelque chose, s'il tentera de me contacter ou de venir me voir. Peut-être que ça n'a plus d'importance pour lui mais je ne le crois pas car il ne serait jamais venu devant chez Michael pour essayer de s'expliquer. Le destin en décidera. »

La transgénique se leva, resta immobile quelques seconde comme à l'accoutumée, laissant le vent lui effleurer le visage jusqu'à ce qu'un sentiment de liberté parcoure son esprit puis descendit silencieusement la tour qui surplombait la ville endormie.

***

South Market – Seattle

Les trois silhouettes pédalèrent vigoureusement, dépassant à toute vitesse les nombreux passants qui déambulaient dans la place et qui criaient comme des poissonniers. Une personne se détacha des trois autres, pédalant beaucoup plus vite mais ralentit en voyant qu'elle allait les perdre. Ainsi, une jeune femme noire et un jeune homme la rattrapèrent, ce dernier étant le plus essoufflé.

- Dis-moi ton secret Max. Tu ne peux pas ne pas être fatiguée après toutes les courses qu'on a faites !

- Je me couche très tôt le soir et je mange des épinards tous les jours, répondit-elle en lui souriant et en se retournant pour continuer à avancer. Comme Popeye !

- Cindy, dis-le moi toi.

- Original Cindy ne dévoila jamais les secrets des autres, fit-elle en imitant Max, un sourire sur les lèvres et laissant leur ami frustré.

Sketchy posa son pied droit sur la pédale, le poussa et avança son vélo dans la foule tout en ne perdant pas des yeux Original Cindy. Brusquement, il vit qu'elle s'arrêtait et partit s'échouer lamentablement sur le côté en tentant de ne pas lui rentrer dedans. Il se releva, marmonnant qu'il avait mal au dos, attrapa le guidon et fit rouler son vélo vers ses deux amies. Les deux jeunes femmes tentaient de voir le pourquoi du rassemblement de la foule quelques minutes plus tôt.

- Il se passe quoi les filles ? s'enquit-il en sautant pour essayer de discerner quelque chose.

- Quelqu'un a eu un malaise, rétorqua Max, les yeux fixés devant elle.

- Comment tu sais ?

- J'ai une très bonne ouie, lança-t-elle en s'avançant.

Max se fraya un chemin, poussant un peu les gens non sans se faire insulter et fut suivie de ses deux autres compagnons. Arrivée devant le centre de préoccupation, elle stoppa soudainement sa marche, étonnée et paniquée par ce qu'elle voyait. Elle se précipita vers la personne à terre, la reconnaissant malgré les nombreux changements physionomiques qu'elle avait subi. Elle avait l'air d'avoir souffert tandis qu'elle était couverte de poussière comme si elle avait parcouru une très grande distance à pied.

Sketchy et Cindy arrivèrent à leur tour, cette dernière imita Max en reconnaissant le visage familier alors que Sketchy resta debout mais pour quelques secondes seulement car il se sentait idiot à rester debout alors que ses amies étaient à genoux près de l'inconnu.

- C'est qui ce type ? Vous le connaissez ?

- C'est un ami de Max, renchérit Cindy.

- Et vous ne me l'avez jamais présenté ?

- Sketchy ! C'est pas le moment ! aboya Max en soulevant la tête de l'homme à terre. Logan, répond-moi.

La transgénique étudia le jeune homme. Sa carrure était devenue beaucoup plus importante, ses cheveux n'étaient plus coiffés en pics mais très court comme à la militaire et la douceur de son visage avait disparue.

- Peut-être qu'une claque lui ferait reprendre ses esprits, déclara indifféremment Sketchy.

- Si tu continues c'est toi qui va en prendre une, répondit Cindy en levant la main, le fusillant du regard.

Comme si les paroles de Sketchy avaient épouvanté la conscience de Logan, celui-ci ouvrit les yeux et sourit en découvrant le visage de Max qui se fondit de nouveau dans un bleu océan. Il leva la tête et l'embrassa langoureusement avant poser son regard sur les autres personnes qui l'entouraient.

- Salut Cindy.

Max fut surprise par cette manifestation en public des sentiments qu'il portait pour elle mais l'oublia une seconde plus tard, se demandant pour quelles raisons il se trouvait allongé à terre au milieu de South Market.

- Je vais appeler une ambulance, dit-elle en prenant son sac à dos.

- Non pas la peine. Je peux me lever seul.

- Tu ne peux … commença-t-elle alors qu'il se mettait sur ses pieds en se tenant à elle tout de même car son corps semblait crier souffrance.

Elle resta interdite. C'était impossible. Il y a quatre mois il se trouvait sur un fauteuil roulant. Qu'est ce qui s'était passé ? La seule explication était qu'il avait subi une intervention chirurgicale qui lui avait réparé les nerfs de la colonne vertébrale.

- Surprise, fit-il en lui souriant.

Max ne prononça pas un seul mot tant elle était stupéfaite. Le jeune homme en face d'elle lui prit la main et la tira en dehors du cercle créé par la population.

- Viens, je vais t'expliquer mais pas ici.

La jeune femme se laissa faire, contraire à son habitude. C'est lorsqu'au moment où Logan n'avançait plus qu'elle réalisa qu'ils étaient bien loin de South Market.

- Qu'est ce qu'il y a ? s'enquit-elle, l'esprit à nouveau vif.

- Je ne sais pas où aller, répondit-il simplement.

- Après ton départ, je n'ai pas pu vendre ton appartement dans le secteur 9. Je pense que nous serions tranquilles là-bas. Il ne reste qu'un seul problème.

- Lequel ?

- A moins que tu sois prêt à marcher pendant longtemps, nous n'avons rien pour y aller et vu ton état, je ne suis pas sûre que tu tiennes bon.

- Nous n'avons pas le choix et puis … je suis différent maintenant, rétorqua-t-il, une lueur bizarre dans les yeux que la transgénique remarqua mais ne comprit pas.

***

Appartement de Logan – Secteur 9

Bien des heures plus tard

Le blond s'assit lourdement sur le canapé encore drapé de blanc.

Après le départ de ce dernier à Vancouver Max avait, malgré la douleur qui lui avait serré le cœur, commencé à emballer les affaires restées les unes après les autres, recouvrant les meubles de draps blancs en attendant de trouver un acheteur. Etant un appartement luxueux, les propositions d'achat avaient été nombreuses mais elle n'avait pas eu le courage de se séparer de cet endroit, qui avait en quelque sorte fait partie d'elle-même car c'était à cet endroit qu'avait commencé sa relation avec lui ; cette nuit où il lui avait offert la statue de Baste et où elle avait posé pour la première fois ses lèvres sur les siennes.

La jeune femme ne s'assit pas à côté de lui mais resta tout près, debout devant la grande fenêtre.

- Je t'écoute, dit-elle en le regardant.

Logan parut réfléchir plusieurs secondes, comme s'il tentait de trouver ses mots pour raconter les évènements.

- Il y a pratiquement quatre mois, je ne sais comment, Manticore m'a trouvé et m'a enlevé.

En entendant ces paroles, Max se mit une gifle imaginaire. Elle n'avait pas été assez prudente.

- Les premières heures de captivité ont été les pires de ma vie, continua-t-il. Ils voulaient des réponses aux questions que je ne comprenais même pas alors ils ont employé la manière forte, me maltraitant pendant un très long moment jusqu'ils en ont eu marre de me voir répondre négativement. Puis ils ont utilisé pendant des semaines, voire des mois, une méthode dite « plus douce », c'est-à-dire qu'ils m'ont drogué avec une sorte de substance de vérité qui m'obligeait à leur dévoiler tout ce qu'ils voulaient. Tu connais ces méthodes, personne ne peut résister. Même pas un être comme toi.

Max cilla légèrement un mot « être » mais pas assez pour que le blond s'en aperçoive.

- Quand ils se sont dit que je n'avais plus rien à leur dire, ils m'ont emmené dans leurs laboratoires.

Logan marqua une pose, laissant Max anticiper ce qu'il allait raconter. Celle-ci ne mit pas plus d'une seconde à comprendre. Voilà pourquoi il pouvait tenir sur ses jambes. Manticore avait manipuler son ADN pour qu'il possède le même sang qu'elle et les autres X5, ce sang avait réparé de lui-même les lésions causées par la chute.

- Mais pourquoi est-ce qu'ils t'ont guéris ? Où était leur intérêt dans tous ça ?

- Ils ne m'ont pas simplement guéris Max, fit-il en la fixant. Ils m'ont changé.

- Comment ça ils t'ont « changé » ? demanda-t-elle en fronçant les sourcils, refusant de comprendre.

- Ils m'ont emmené dans leurs laboratoires pour que je devienne un de leurs soldats génétiquement parfaits.

Elle s'attendait à tout mais pas ça. Quoique Lydecker était assez cinglé pour faire n'importe quoi pour la retrouver elle et les siens.

Ainsi il était comme elle, une machine programmée pour tuer. Cette révélation luit fit le même effet qu'un couteau dans le cœur. Elle était tombée amoureuse de lui non seulement parce qu'il possédait un charme qui l'avait fait craquée mais aussi parce qu'il était humain, parce qu'il ne lui faisait pas penser à l'horreur qu'elle a vécu dans sa jeunesse, parce qu'elle pouvait se sentir « normale » avec lui, sans penser automatiquement à Manticore.

- Je sais maintenant ce que c'est d'être comme toi. Je peux maintenant te comprendre, déclara-t-il en se levant.

- Mais je ne veux pas ! cria-t-elle en se retournant vers la fenêtre, les larmes coulant sur ses joues.

- Tu ne veux pas ? Tu ne veux pas quoi ? s'enquit-il, ahuri.

- Je ne veux pas que tu comprennes ma nature ! Je ne veux pas que tu sois comme moi, que tu saches l'effet que ça fait d'être génétiquement différent. Jamais je n'aurais voulu ça, jamais. Je hais Manticore, je hais Lydecker pour ça.

- Je ne te comprends pas Max. Sincèrement je ne te comprends pas.

- C'est si compliqué que ça ? demanda-t-elle alors qu'il la prenait dans ses bras, la réconfortant comme il le pouvait même s'il ne voyait pas ce qu'elle rejetait.

Base de Manticore – Wyoming

Le colonel porta la radio à sa bouche, regardant le paysage devant lui. Le soleil était à l'horizon, éblouissant ainsi pratiquement tout le monde tandis que la température descendait de plusieurs degrés.

- Delta 1 ici le Colonel Lydecker. Interception des cibles dans trente-six heures au point de rendez-vous prévu.

- Ici Delta 1. Nous sommes en route pour l'interception. Terminé.

Les ténèbres allaient envelopper la nature et les villes alors qu'un évènement gravissime s'apprêtait à envahir la vie de nombreuses personnes, humaines et génétiquement modifiées.

 

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