From Darkness
Seattle
Six jours plus tard
22h36
La jeune femme courait presque à la vitesse du vent, essayant d'éviter de se prendre les pieds dans les racines des arbres. Elle devait le semer ou c'était la fin. Pourquoi est-ce qu'elle avait voulu faire une balade dans les bois avec son fiancé à cette heure-ci ? Même si elle voyait très bien la nuit alors que lui beaucoup moins, ce qui était logique elle n'avait pas su anticiper l'attaque. Jim avait été tué comme un vulgaire insecte par ce type, un homme qu'elle n'avait pas eu le temps de voir.
Elle jeta un coup d'il derrière son épaule et ne vit rien. Pas même un petit animal, rien. Elle s'arrêta, écouta du mieux qu'elle put et souffla, reprenant petit à petit un battement de cur normal. Même si son endurance est très bonne grâce à beaucoup d'années d'entraînement, elle avait la sensation que ses jambes étaient lourdes, très lourdes même.
Elle pensait l'avoir semé quand il se jeta brutalement sur elle, la faisant tomber à terre. Elle grimaça en sentant une racine lui « déchirant » l'épaule droite mais se remise rapidement sur ses pieds. Son sang ne fit qu'un tour. Elle se mise en position de combat et étudia son adversaire en un dixième de seconde. Prenant son courage à deux mains, elle voulu lui mettre son poing au niveau du visage mais - presque sans le moindre effort - il fut arrêté avant d'atteindre sa cible et son agresseur le lui broya. Elle poussa un cri de douleur mais ne se découragea pas et fit un saut de deux mètres pour se retrouver derrière lui, lui mettant son pied gauche entre les omoplates. L'homme vacilla légèrement mais ne montra néanmoins aucun signe de douleur et avec une vitesse surhumaine il lui plaça un crochet dans la mâchoire. Sous le coup de la douleur, elle vit trente-six chandelles et ne put se défendre lorsqu'il la fit basculer en arrière d'un balayage avec ses pieds l'instant d'après. Ses cheveux blonds lui couvrirent partiellement le visage alors qu'il prenait sa tête entre ses mains gantée et lui brisait la nuque dans un petit bruit sinistre.
Appartement de Logan Seattle
0h20
Le jeune homme se retourna non sans grogner, visiblement plongé dans un lourd sommeil quand une sonnerie stridente le fit sursauter et prendre son automatique placé derrière son oreiller. Le pointant vers son fauteuil miteux, il regarda autour de lui pour localiser la source du bruit qui l'avait réveillé. Dans la pénombre, une petit lumière blanche clignotait toute seule tandis que la sonnerie retentit de nouveau. Son téléphone portable. Il souleva son drap, se mit debout, attrapa son cellulaire et prononça un « allo » ensommeillé.
- Cale, je vous appelle depuis dix minutes. Vous étiez où ?
- Comme toute personne normal, dans mon lit chef.
Son supérieur s'aperçut de sa question stupide mais ne s'excusa pas pour autant.
- Hum, le tueur a remis ça.
- Oh, ne réussi-t-il qu'à dire en se frottant les yeux. J'arrive.
- C'est à Frink Park dans le secteur 6.
- J'y serai dans un quart d'heure.
- Ne traîner pas en route inspecteur, il y a déjà plusieurs journalistes avides d'infos croustillantes à se mettre sous la dent.
Logan raccrocha, passa sa main sur sa figure et enfila ses vêtements de la veille. Il passa dans son coin-cuisine, nettoya une tasse puis y versa du café froid à l'intérieur. Il n'avait pas le temps de le réchauffer. Il posa son regard sur le calendrier accroché au mur et soupira. Dimanche. Il allait bosser un dimanche matin à minuit et demi pourquoi avait-il choisi ce boulot ? Il n'arrivait pas à se rappeler.
Il but d'un trait le liquide noir, chercha ses clefs dans ses poches mais ne les trouva pas. Rageusement, il fouilla son appartement et les trouva finalement sous le coussin de son fauteuil miteux. Il claqua la porte en sortant, la ferma, descendit les escaliers quatre à quatre puis rentra dans sa voiture grise.
Frink Park
0h40
- Virez-moi ces abrutis ! cria un grand homme roux à deux policiers en uniformes.
Ces derniers se précipitèrent vers quatre personnes qui s'agitaient dont une portant une caméra à l'épaule et les obligèrent à revenir plus tard.
- Vivement ma retraite.
Le commissaire vit arriver un homme d'une trentaine d'années qui paraissait assez fatigué malgré le froid de l'aube et lui fit un signe de la main pour qu'il vienne à sa hauteur. Sa courte chevelure blonde frétillait sous le vent puissant.
- Désolé, j'avais perdu mes clefs de voiture.
- Pourquoi est-ce que ça ne m'étonne pas de vous Cale ?
Logan ne répondit pas et tous les deux marchèrent vers la médecin légiste, toujours vêtue de sa blouse blanche.
- Cette fois si c'est une femme de race blanche d'une vingtaine d'années. Bonne condition physique si on regarde les muscles de ses bras. Le tueur s'est moins acharné sur elle que sur la victime précédente.
- Elle s'est peut-être défendue.
- C'est possible oui. Nous ferons un prélèvement sous ses ongles. Elle présente des blessures superficielles, des traces de griffures et a reçu un coup au niveau de la mâchoire, dit-elle en indiquant l'hématome.
- Il lui a brisé la nuque ?
- Comme la dernière fois. Le meurtre remonte à moins de trois heures, entre 21h00 et 23h00 je dirais vu l'absence de rigidité cadavérique.
- Fourchette assez large, commenta Logan en fronçant les sourcils.
Alors qu'il s'apprêtait à s'éloigner, le docteur Fart lui attrapa le bras.
- Je peux vous parler deux minutes ?
- Bien sûr oui.
Ils s'écartèrent au loin et la jeune femme se lança.
- Il y a la même trace d'acide.
- Vraiment ?
- Les victimes appartiennent peut-être à une secte qui se vitriole ... un peu comme un signe d'appartenance.
- Mmmmm, possible. Ou bien alors commença-t-il. C'est peut-être l'uvre du tueur, pour une raison inconnue il veut effacer quelque chose. Un tatouage par exemple.
Un raclement de gorge se fit entendre. Ils tournèrent tous les deux la tête pour découvrir une personne brune. Logan sourit en reconnaissant sa co-équipière contrairement à celle-ci qui le fusillait du regard.
- Y'a un problème ? lui demanda-t-il en recevant son regard de tueuse.
- Le problème est que je n'ai pas été prévenue.
- Je croyais que vous l'étiez.
- Ce n'est pas le cas, rétorqua-t-elle fermement.
Fart préféra s'éclipser voyant la mauvaise humeur de Max et laissa Logan se débrouiller tout seul.
- Ecoutez Max je suis arrivé il y a cinq minutes, j'ai été réveillé en pleine nuit par mon patron et je n'ai même pas eu le temps de manger. Et ça peut vous foutre votre journée en l'air, je vous assure.
La transgénique ne le quitta pas des yeux puis se radoucit.
- Moi non plus si vous voulez savoir, dit-elle en lui rendant son sourire.
- Comment êtes-vous arriver là alors ?
- J'ai croisé une voiture de police, girophare allumé, avec votre chef au volant. Lorsque je n'arrive pas à dormir je vais faire quelques tours de moto, histoire de me vider l'esprit et je l'ai suivie avant d'être arrêtée à un barrage. Ils m'ont cuisinée pendant une demie-heure pour savoir pourquoi je suivais cette voiture
Le jeune homme s'aperçut soudain que Max portait une combinaison noire de moto et eut du mal à garder l'esprit clair en la voyant habillée ainsi.
- ont finalement relâchée en vérifiant mes papiers : ils se sont aperçu que j'étais étudiante en criminologie et donc se sont dit que ce n'était pas illogique que je travaille avec votre chef.
- Hum, je vois. Suivez-moi, dit-il en marchant vers le cadavre.
Max vit de longs cheveux blonds puis réussit à distinguer le visage en s'approchant plus près. Elle ne fit aucun mouvement qui pouvait la trahir mais criait de toute ses forces intérieurement. Elle ne pouvait pas oublier ce visage. Jamais. Elle ne le pouvait pas même si elle s'était jurée de le faire.
- Sa nuque a été brisée, comme la dernière fois et elle présente les même marques de brûlure. Je pense que le tueur a voulu effacer quelque chose, peut-être un tatouage.
- C'est possible, rétorqua-t-elle froidement, fixant le visage de la victime.
- Il faut attendre le rapport du légiste avant de faire quoique ce soit.
- Qui à découvert le corps ?
- Un garde forestier.
- Inspecteur !
Le couple virent s'approcher le supérieur de Logan, visiblement ennuyé.
- Nous avons un autre corps.
- Et merde.
- Un homme à l'autre bout de la forêt. Fart est déjà partie l'examiner.
L'inspecteur se massa les yeux, fatigué.
- Est-ce qu'ils ont un lien entre eux ?
- Nous ne savons pas encore, sûrement. Il a peut-être un complice
- Ce n'est pas logique, le coupa Logan. Il n'y avais qu'un seul cadavre la dernière fois, pourquoi tuer plus cette fois-ci ?
- Peut-être que l'homme a vu quelque chose.
- Si loin ? Je ne pense pas. Son envie de tuer s'est peut-être intensifiée et il est donc passé à deux victimes.
Il se rendit compte que Max restait silencieuse qui lui déclara soudainement :
- Il faut que je parte.
- Quoi ?! s'exclama-t-il en la poursuivant. Vous n'allez pas encore me laissez tomber Max !
- Je n'ai pas le choix.
- Dites-moi au moins pourquoi.
- Je ne peux pas.
Elle se plongea dans un bleu-océan durant un bref instant puis continua sa route vers sa moto alors que Logan restait planté au milieu des arbres, les lumières des voitures de police illuminant son blouson en cuir.
***
Le Sublime - Quelque part dans Seattle
1h16
Max poussa la porte de la laverie, passa devant les machines et pénétra dans une sorte de petit bureau.
- Il me faut d'autres infos, dit-elle à un homme imposant assis derrière un bureau.
- Je t'ai déjà dit ce que je savais.
- Il y a eu un autre.
- Alors tu sais ce que je veux pour continuer gamine.
- Justement, il faut qu'on revoit les montants.
L'homme se leva, son ventre dépassant presque de sa chemise et pointa un doigt bouffi vers elle.
- Revoir les montants ? Pas question. J'ai mon business à faire marcher et je ne roule pas sur l'or.
- Vogelsang, moi non plus je suis pas Crésus.
- $14.000.
Soudainement, elle lui fit un signe de la main de se taire. Elle avait entendu un bruit infime mais assez fort pour être sur ses gardes.
Il y avait quelqu'un ici.
Elle regarda tout autour d'elle, ses yeux de félins scrutant le moindre recoin puis s'approcha à pas de loup vers la pièce remplie de machines à laver. D'un geste vif et précis, elle empoigna l'intrus caché derrière une des comptoirs - par la gorge et le fit valser un mètre plus loin. S'apprêtant à lui faire regretter son intrusion, elle s'arrêta au milieu de son geste.
- Qu'est ce que vous faites ici ? crachat-elle en lui lançant un regard noir.
- Je faisais ma lessive ... il faut vraiment que je vous réponde ? répondit l'intrus en massant sa gorge douloureuse.
Vogelsang choisit son moment pour arriver.
- Qui est-ce ?
- Un total abruti. Vous me suivez maintenant ?
- Vous êtes partie sans me donner d'explication.
- Ce n'est pas une raison.
- Je voulais savoir les vôtres, répondit-il au tac au tac. Mais je n'arrive pas à comprendre pourquoi vous engagez un détective privé.
- Comment savez-vous que je suis détective ?
Logan se leva et s'appuya au comptoir.
- Vous êtes connu dans nos fichiers Mr Vogelsang pour avoir escroqué un bon nombre de vos clients. Alors Max ? demanda-t-il en la fixant.
- Ca ne vous regarde pas Logan.
- C'est l'affaire, c'est ça ?
Max ne répondit pas et mais soutint son regard. Après un court silence, elle daigna ouvrir la bouche.
- Il m'aide à trouver le tueur.
- Mais nous sommes déjà sur dessus !
- Vous ne pouvez pas comprendre.
- Si je ne peux pas, qui le pourra selon vous ?
Max sentit qu'il commençait à s'emporter et elle le comprenait dans un certain sens. Mais elle ne pouvait pas lui révéler sa nature. Il n'allait pas comprendre et ça détruirait ce qu'ils avaient tisser entre eux depuis bientôt une semaine.
- Max, pourquoi est-ce que vous ne me faites pas confiance ?
Silence.
- Max ?
La jeune femme restait muette, tirée entre son désir de tout lui dévoiler car elle le considérait comme un ami voire plus et sa peur de se mettre en danger, la peur qu'il la rejette.
- Très bien. Comme vous voudrez mais vous continuerez votre stage de criminologie avec quelqu'un d'autre. Je pensais que vous me faisiez confiance, je vous faisais confiance en tout cas.
Logan ramassa la casquette qu'il portait avant de se faire mettre à terre par la jeune femme, lui lança un dernier regard et sortit de la laverie.
- $14.000 gamine et je te trouves les infos que tu veux.
- Vous me faites vomir, dit-elle.
D'un air triste, elle sortit elle aussi de la laverie et chercha l'inspecteur même si elle savait qu'il était déjà parti. Elle détestait blesser les gens mais elle n'avait pas eu le choix. Zach n'aurait jamais consentit à dévoiler leur passé de peur de se faire reprendre par Manticore et elle ne voulait pas retourner dans cet enfer.
Plus jamais.
Commissariat de police Seattle
11h25
Logan feuilleta le rapport d'autopsie. La médecin légiste n'avait rien trouvé sous les ongles de la victime mais avait pu reconstituer un morceau du tatouage qui avait été effacé par l'acide au niveau de la nuque. Ca ressemblait à un code barre, comme ceux qu'on trouvait sur les produits dans les supermarchés. Un tatouage en forme de code barre ? Pourquoi pas après tout il fallait de tout pour faire un monde. La fille s'appelait Syl Jorson et résidait dans le secteur cinq alors que la victime précédente dans le secteur six ; aucun lien donc au niveau du lieu de résidence.
Il eut brutalement une idée, tapa sur son clavier et trouver finalement ce qu'il cherchait.
D'autres meurtres dans ce genre avaient été enregistrés aux Etats-Unis : un à Portland au nom de Penny Smith et un autre en Californie à Los Angeles, un certain Zane Mant.
Tous les deux avaient eu la nuque brisée. Logan parierait deux mois de salaire qu'ils portaient cette trace de brûlure.
Le seul problème c'est qu'il n'avait rien sur le tueur, pas un seul brin d'ADN, rien. Nada, Niente. Tout ce qu'il savait c'est que c'était sûrement un homme et d'une force phénoménale. Un peu mince même très - pour inculper quelqu'un.
Le jeune homme blond balança le stylo qu'il tenait dans une main et se gratta le menton, d'un air pensif.
Il ne voyait qu'une seule solution mais il se doutait que ça n'allait pas être du gâteau. Loin de là.
« Cale ! » entendit-il derrière lui.
Génial. C'était reparti pour un tour de manège.
- On a du nouveau, lança son supérieur.
- Moi aussi.
- Il y avait une autre victime au parc prénommée Jim McFeid, le fiancé de l'autre cadavre. Un témoin les a vu rentrer dans le parc vers 22h20 mais ne les as pas vu ressortir.
- Comment peut-il être certain que c'étaient eux ?
- McFeid portait un blouson de moto avec un aigle dans le dos et on l'a retrouvé sur lui. Vous avez trouvé quelque chose ?
- Deux meurtres identiques au Kansas et en Californie il y a un mois.
- Une théorie ?
- Pas encore il me faut plus d'éléments. Je fais un saut chez moi et je roule vers le Kansas, j'y trouverai peut-être quelque chose d'intéressant.
Un cri se fit entendre mais ne fit réagir aucun des policiers tant c'était devenu une habitude. Presque tous les détenus criant comme des malades qu'ils étaient innocents, que c'était une injustice et que ça n'étaient pas eux. Il ne laissa pas le temps à son supérieur de rajouter quelque chose qu'il était déjà parti vers l'extérieur du bâtiment.
En direction de Portland Etat de Washington
12h16
L'inspecteur Cale alluma sa radio dans l'espoir de trouver une musique réconfortante, une musique qui pourrait lui faire oublier quelques minutes tous les tracas de la vie quotidienne ainsi que son enquête. Une mélodie résonna doucement dans la voiture, lui faisant l'effet qu'il désirait mais son esprit se concentra sur un autre point obscur de son existence ou plutôt de l'existence d'une autre personne.
Il revoyait un visage fin et sublime aux yeux noirs comme le charbon tout comme les cheveux qui l'entouraient. Il se remémora aussi la nuit dernière où elle l'avait surpris en train d'écouter sa conversation avec Vogelsang. C'était stupide il l'avouait mais ce qui le gênait c'était la façon dont elle l'avait regardé quand il avait voulu savoir pourquoi elle avait engagé ce détective privé, un regard empli de douleur et de chagrin.
Pourquoi ne lui faisait-elle pas confiance ? Pourquoi ? Elle semblait cacher un lourd secret et sûrement lié aux meurtres vu ses réactions.
Une autre chose l'avait surpris. Lorsqu'elle l'avait découvert derrière le comptoir à y repenser c'était complètement gamin elle l'avait attrapé avec une telle facilité qu'il n'avait pas vu venir sa main lui empoigner la gorge et l'avait soulevé à quelque centimètres du sol. Incroyable, c'était le seul mot qui lui venait à l'esprit. Incroyable. Comment pouvait-elle ? A sa connaissance il n'y avait pas beaucoup de femmes capables d'une chose pareille, à vrai dire il n'en avait jamais connues.
Max avait un secret, qui semblait lourd à porter et il voulait le découvrir. D'accord, ça n'était pas ses affaires mais il la voyait comme une amie une amie très proche et il se devait de l'aider ; des amis ne s'aident-ils pas entre eux ?
Vingt minutes plus tard, la gigantesque pancarte mentionnant Portland s'inscrivit sur sa rétine. Il mit son clignotant et prit la sortie indiquée.
***
Portland Etat de Washington
12h37
Le jeune inspecteur appuya sur la sonnette, un peu nerveux. Qu'est ce qu'il allait bien pouvoir raconter ? Bonjour, inspecteur Cale, police criminelle. J'aurai besoin de renseignement sur le meurtre de votre femme il y a un mois.
Un homme d'une trentaine d'années trente cinq environ se posta devant lui.
- Inspecteur Cale, police criminelle de l'Etat de Washington, s'entendit-il déclarer d'une voix monotone.
- Vous avez retrouvé le tueur ? s'enquit l'autre homme d'une voix presque excitée malgré les circonstances.
- Je suis désolé non.
- Pourquoi venez-vous ici dans ce cas ?
- Je voudrais vous poser quelques questions sur votre femme.
- J'ai déjà assez donné Mr Cale.
- Le tueur a encore frappé. Deux fois, répondit Logan d'un ton ferme mais qui ne se voulait pas agressif.
- Je sais, j'ai entendu aux informations, rétorqua tristement le propriétaire d'une grande maison.
Celui-ci se passa une main sur la figure, comme pour la cacher aux yeux de Logan. Ses yeux brillaient quand il enleva sa main et le laissa entrer alors qu'un enfant arrivait en trombe.
- Case ! Vas jouer dans ta chambre s'il te plaît.
- C'est qui le monsieur ?
- Un policier.
- Et pourquoi il vient ?
- Parce qu'il a besoin de me poser des questions, dit doucement le père de l'enfant en s'agenouillant près de lui. Sois gentil, monte dans ta chambre.
Le petit garçon jeta un regard à Logan, comme pour savoir s'il voulait du mal à son père et obéit finalement.
Passant dans le salon, les deux hommes s'assirent l'un en face de l'autre sur des fauteuils de couleur noire.
- Je je suis désolé d'avoir à remuer tout ça
- Je vous écoute.
- Hum, très bien. Est-ce que vous pouvez me dire si votre femme s'était disputé avec quelqu'un ces derniers temps ?
- Si ça avait été le cas elle m'en aurait parlé.
- Est-ce qu'elle semblait plus nerveuse ?
- Non. Vos collègues m'ont déjà poser ce genre de questions, pourquoi vous recommencer ? Arrêtez de tourner autour du pot.
Logan se racla la gorge, mal à l'aise.
- Est-ce qu'elle portait une tatouage ? Un code barre par exemple ?
- C'est exacte, à la base de la nuque.
L'inspecteur ne laissa aucune impression de surprise sur son visage. Il s'en était douté en fait.
Le tueur éliminait donc des tatoués d'un code barre. Qu'est ce que ça voulait dire ? Est-ce que les victimes avaient délibérément choisi de se faire tatouer ou bien est-ce qu'on les avait obliger ? Car ça semblait assez impossible de vouloir être assimilé à un vulgaire produit de consommation.
- Elle s'était fait ça elle-même ?
- Oui. Je crois qu'elle m'a dit qu'elle s'était fait tatouer ce code barre à l'orphelinat.
Cette fois, Logan ne cacha pas sa surprise et manqua de s'étrangler. Comment avait-il pu louper ça ?
- Elle était orpheline ?
- C'est vous le flic, vous devriez savoir, répondit l'homme en le regardant bizarrement.
Cinq minutes plus tard, le jeune homme blond repassa le seuil de la porte, marchant vers sa voiture. Une intuition le titillait depuis que Smith lui avait appris que sa femme avait été orpheline.
Il tira son téléphone portable de sa poche intérieure de blouson, composa un numéro, demanda sa requête et eut sa réponse une minute après.
Zane Mant, Penny Smith, Syl Jorson et Krit Gart étaient tous les quatre orphelins depuis l'âge de neuf ans. Un point commun trop singulier pour n'être qu'une simple coïncidence.