Everything's gonna be alright

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Quelque part dans le Pacifique

Cinq jours plus tard

Du bruit. Partout. Et des cris venant de tous les côtés. Une sensation de flottement puis brusquement un courant frais sur la droite d'une intensité impensable suivi d'un vrombissement infernal, à la limite du supportable.

Logan se réveilla en criant, le front baignant de sueur, et regarda autour de lui. Il n'était plus dans l'avion. Tout était sombre et silencieux, sûrement la nuit, malgré des bruits venant de la forêt derrière lui. Il soupira et se prit le visage entre ses mains, en pleurs. C'était un rêve, juste un simple rêve. Quelque chose le toucha sur le dessus de la main, ce qui lui valu un sursaut et une montée d'adrénaline.

- Oh, désolé. Je ne voulais vous effrayer. Vous vous sentez bien ? Vous avez crié.

L'ex-Veilleur fixa l'homme devant lui, il mit plusieurs secondes avant de se rappeler qui c'était. Il se leva et prit ses affaires de couchage.

- C'est rien, juste un cauchemar.

- Qui est Max ?

- Je vous demande pardon ? s'enquit le jeune homme blond, ahuri.

- Qui est Max ?

- Où est le rapport avec nos cauchemars ?

- Il n'y en a aucun.

Logan posa inconsciemment – lui aussi – ses doigts sur son majeur et le tritura, sentant que si la conversation continuait il allait soit envoyer méchamment paître l'autre homme ou soit retomber dans une longue mélancolie …

- Ecouter, je ne suis pas vraiment d'humeur à …

- C'est un de vos amis ?

Il garda le silence, se demandant pourquoi ce type voulait savoir à tout prix qui était Max.

- Pourquoi ça vous intéresse ?

- Parce que j'ai connu quelqu'un qui s'appelle Max.

- Je ne pense pas que ce soit la même personne vous voyez, répondit Logan à demi souriant.

- J'habite à Seattle moi aussi.

- Il y a beaucoup de Max à Seattle.

- Vous n'avez pas répondu à ma question.

- Okay, dit-il finalement en pensant que s'il lui disait la vérité ce gars le lâcherait pour un moment. C'est une amie.

- Oh, vraiment ? Drôle de coïncidence.

Logan haussa un sourcil. Une coïncidence ?

- Il y a plusieurs années je sortais avec une fille qui s'appelait Max.

- Comme je vous l'ai dit il y a beaucoup de Max à Seattle.

- Elle est comment physiquement ?

- Mr McKennon, il est tard et je n'ai aucune envie de parler de mes amis avec vous, est-ce que je me suis bien fait comprendre ?

Il tourna les talons, ses pieds s'enfonçant dans le sable froid de la nuit et pénétra dans la sombre forêt, seul endroit où il pouvait être seul. Depuis le crash de l'avion, huit jours s'étaient écoulés, il n'avait pas vraiment eu de temps pour lui. Il avait découvert le lendemain de l'accident qu'il n'était pas le seul à avoir survécu, trois autres personnes étaient encore vivantes par Dieu sait quel miracle …

Pourquoi ce McKennon lui avait-il demandé l'identité de Max ? Peut-être qu'il avait parlé dans son sommeil et avait prononcé son prénom. C'était plausible. C'était quoi son prénom ? Garrett, Darel ou plutôt Darren, il ne savait plus vraiment.

Il se demanda brusquement si la transgénique était au courant de l'accident d'avion, les informations nationales ayant sûrement annoncé le crash. Dans quel état pouvait-elle bien être ? En train de pleurer, de se morfondre ou au contraire n'y prêtant pas plus attention, elle pouvait être en train de continuer sa vie sans penser à lui. Après tout, c'était lui qui avait décidé de partir …

Logan trouva un petit coin tranquille, étala le lit qu'il s'était fabriqué – quelques draps emmêlés les uns avec les autres – et s'allongea dessus, les yeux vers le ciel sombre et parsemé d'étoiles scintillantes.

***

Dove City – Seattle

Quelques jours avant

La jeune femme déboula dans la salle de contrôle et se précipita vers Dix, manquant de faire tomber toute la paperasse et la nourriture étalées sur la table avoisinante.

- Dix, il me faut des infos.

Le mutant fit pivoter sa chaise vers la X5 et lui adressa un sourire sincère.

- Salut Max. Quoi de neuf ?

- Rien de spécial depuis la dernière fois, répondit-elle, pas très communicative.

- Okay, tu as besoin de quoi ?

- Des infos sur un accident d'avion il y a quelques jours. En fait, je voudrais la liste des disparus, je n'ai pas l'autorisation d'y accéder au commissariat.

- Ah oui, j'ai entendu ça. Pauvres gens. Donnes-moi cinq minutes.

Dix pianota à une vitesse incroyable sur son clavier, faisant défiler un nombre incalculable de fenêtre sur son écran puis cinq minutes plus tard, il mit sous le nez de Max trois feuilles de papier.

- Cinq minutes chrono, comme je te l'avais dit.

Elle le remercia d'un sourire et sortit de la pièce. Elle ne voulait pas lire cette liste devant tous le monde si jamais elle découvrait le nom qu'elle cherchait. Mais elle priait le Seigneur qu'elle se trompait. Elle arriva rapidement à l'entrée, enfourcha sa bécane tout en enfournant la liste dans la poche intérieure de son blouson et roula vers le secteur cinq. Arrivée à destination, elle frappa à la porte et attendit que sa meilleure amie vienne ouvrir.

- Je l'ai, dit-elle simplement quand Original Cindy apparut.

Max entra, alla se poser sur son canapé favori et sortit les feuilles de papier presque tremblotante.

- Je sens que je vais vomir, c'est ignoble.

La jeune femme réfréna son envie de courir aux toilettes, déplia le papier et parcourut les noms un peu en diagonale. Ses yeux s'arrêtèrent subitement sur la deuxième page. Elle la lâcha par terre et se prit le visage entre les mains, sentant les larmes venir.

C'était impossible. C'était un autre Logan Cale. Il ne pouvait pas être mort.

Original Cindy s'assit à côté d'elle et la prit dans ses bras, les yeux brillants elle aussi.

- Il n‘est pas mort, Cindy. C'est impossible …

Son amie tenta de la réconforter comme elle put mais en vain, la transgénique semblait décidée à croire l'impossible.

- Tu ne comprends pas ! se mit-elle à crier en se levant d'un coup. Je le sens . Je sens qu'il est vivant et qu'il va bien.

- Max …

- Je ne sais pas comment, ni pourquoi mais je suis sûre qu'il est en vie.

Max se souvenait de la fois où Logan avait dû être emmené d'urgence à l'hôpital car il s'était évanoui chez lui à cause de la balle dans sa moelle épinière : alors qu'elle était loin avec Zach, elle avait sentit tout au fond d'elle que quelque chose n'allait pas et avait donc voulu appeler son portable. Elle avait ressentit la même impression au Crash le jour où les infos les avaient informés de la disparition de l'avion. Ils étaient liés, qu'ils le voulaient ou non.

- Il faut que j'appelle la compagnie, savoir où ils portent leurs recherches. Je veux participer sinon je vais finir par être folle.

Original Cindy ne répondit rien, ne tenta rien pour la dissuader. A quoi cela aurait-il servit ? Max avait la tête dur et rien de pouvait l'arrêter quand elle avait décidé quelque chose, pas même sa conscience dans certains cas.

***

Quelque part dans le Pacifique

Sept jours après le crash de l'avion

Logan avala le crustacé avec dégoût, grimaçant à chaque bouchée. Que c'était ignoble de manger ces trucs ! Ils ressemblaient à de gros vers gluants et avaient un goût caoutchouteux quand on les croquait. Dewis les avaient trouvés au large de l'île, tout près du gros rocher en forme de pic. Il fallait qu'il aille lui-même pêcher de quoi manger parce qu'à ce rythme là, il allait perdre trente kilos et il en avait perdu au moins cinq, il en était sûr. Qu'est-ce qu'il ne donnerait pas pour du crabe ou des crevettes !

Balançant la chose immonde qui était sensée le rassasier, il se leva sans même jeter un regard vers le trio derrière lui mais s'arrêta de marcher quand un voix grave lui parvint aux oreilles :

- Hey, Cale ! Vous allez où comme ça ?

- Je vais essayer de trouver autre chose à manger.

- Quoi ? Vous croyez être capable de pêcher des poissons peut-être ? Je suppose que vous planquez un filet ou un harpon dans votre pantalon.

- McKennon, je ne vous demande pas votre avis.

Il reprit sa marche et arriva bientôt à l'autre bout de la plage, s'il avançait encore il pénétrait dans un labyrinthe touffu et humide. Remontant son pantalon en toile qui était plus sale que jamais – il aurait du prévoir le crash et emporter un bidon de lessive – il introduisit ses pieds dans l'eau chaude et transparente puis avança finalement jusqu'à la taille, se disant qu'il était complètement idiot de faire attention à ne pas mouiller son pantalon. Regardant derrière lui pour vérifier que son sac rouge se voyait bien de loin, il plongea dans l'eau et nagea vers le fond en fouillant le sol. N'étant pas un nageur expérimenté, il revint à la surface plusieurs fois pour reprendre son souffle, cherchant toujours ce qu'il pouvait dans le sable mais sans succès. Il poussa un cri de rage en frappant la surface de l'eau comme si ça pouvait provoquer quelque chose et revint sur le rivage grâce au rouge de son sac de couchage.

Si seulement il avait quelque chose qui puisse l'aider ! pensa-t-il, bouillonnant de rage et de désespoir. La faim commençait vraiment à se faire sentir et il ne voulait plus manger ces bestioles infâmes et révulsantes. Encore une seule dans sa bouche et il découvrirait réellement le sens du mot « cannibalisme » . Et rien que l'idée de toucher McKennon lui donnait la nausée …

- Aller Logan, un peu de nerfs, dit-il tout haut, histoire de se motiver.

Tortillant un coin de sa chemise blanche pour enlever l'eau qui l'avait imbibée, il rebroussa chemin et s'enfonça dans la forêt. A cette heure de la journée – tôt le matin – elle paraissait beaucoup moins effrayante que la veille au soir, lorsqu'il était parti s'isoler. Il fallait qu'il trouve le moyen de se fabriquer un filet ou quelque chose dans ce genre.

Logan se mit à ricaner, c'était ridicule. Il se prenait pour Crusoé ou quoi ? D'ailleurs, comme il avait réussit, Robinson Crusoé, à trouver de la nourriture ? Il ne se souvenait plus vraiment du livre de Daniel Defoe, il l'avait lu étant gosse mais il ne l'était plus vraiment …

Brusquement, l'ex-Veilleur entendit un faible bruit venant de sa droite et s'arrêta de marcher, l'esprit alerte. Le son recommença. Sentant la sueur dégoulinant le long de son dos, il tourna la tête dans la direction du drôle de son et distingua un mouvement près d'un arbre. Son corps tout entier se figea.

Si seulement Max était là … elle aurait su quoi faire dans un moment pareil. Le souvenir de photos sanglantes montrant la X5 à l'âge de neuf ans en tenue militaire lui revirent à l'esprit mais disparurent l'instant d'après quand Logan maudit sa stupidité. Ce n'était qu'un oiseau, un simple volatile qui tentait de communiquer avec ses congénères.

En voyant l'oiseau – dont la race lui était totalement inconnue – s'envoler lorsqu'il approcha, le jeune homme blond trouva la solution à son problème de pêche.

***

Aéroport de Seattle

Quatre jours après le Crash

La X5 se tortilla sur son siège, ne tenant plus de rester assise là à attendre que quelqu'un vienne la renseigner. Elle se leva, contourna l'imposant bureau en bois massif et s'apprêta à quitter la pièce quand un homme en costume entre en sens inverse, manquant de lui rentrer dedans.

- Excusez-moi pour ce retard, lança-t-il en s'asseyant.

- J'espère bien que vous êtes désolé, vous savez depuis combien de temps j'attends ici ?!

L'homme marqua un silence, détaillant la jeune femme qu'il avait aperçue à la télévision, lors du reportage sur Terminal City. Même si elle n'était pas vraiment humaine, il admettait volontiers qu'elle était très séduisante sous ses habits noirs. Il se demanda si elle vivait seule tandis qu'elle le mitraillait du regard.

- En quoi puis-je vous aidez ? s'enquit-il en croisant les mains.

- Vous vous moquez de moi ? Je l'ai répété cent fois à votre collège mais visiblement je ne me suis pas bien faite comprendre. Je veux participer aux recherches des survivants.

- Je vous demande pardon ? dit-il en haussant les sourcils.

- Vous m'avez très bien comprise.

- Je suis désolé mais c'est impossible. Nous ne sommes pas autorisé à laisser des civils venir avec nous.

- Je ne suis pas une simple civile, répondit-elle d'une voix agressive. Je connais parfaitement ce genre d'opération.

Jake Corr poussa un soupir, plus têtue qu'elle on ne faisait pas. Il avança son buste vers elle.

- Ecoutez … commença-t-il avant qu'elle ne le coupa brutalement.

- Je ferai ces recherches avec ou sans vous Monsieur Corr. Et inutile de me balancer je ne sais quel protocole administratif m'interdisant de sillonner les îles Aléoutiennes.

- Puis-je vous demandez pourquoi vous y tenez tant que ça ?

- A votre avis ? Vous voulez que je vous fasse un dessin ?

Corr battit en retraire derrière son bureau, n'aimant pas trop néanmoins le ton qu'elle prenait avec lui. Pour qui se prenait-elle ?

- Mademoiselle Guerra, je sais que c'est une tragédie horrible mais …

- Guevara.

- Comment ?

- Mon nom est Guevara et vous ne savez rien de ce que je peux éprouver. Je mettrai tout en œuvre pour retrouver la personne que je recherche et ce n'est pas vous qui m'arrêterez. Bonne journée, finit-elle en se dirigeant vers la sortie, claquant furieusement la porte derrière elle tellement ce type lui tapait sur le système.

***

Quelque part dans le Pacifique

Sept jour après l'accident

Logan regarda son œuvre d'un air convaincu, il ne se savait pas si débrouillard en bricolage … Avec plusieurs lianes – qu'ils avait réussi à détacher des arbres après deux heures d'acrobaties et d'engelures aux mains – il s'était fabriqué une sorte de filet un peu bizarroïde tout de même mais qui allait faire l'affaire, du moins il l'espérait. Alors qu'il se levait, sa création dans les bras, il fut interpellé par une voix d'homme :

- McGyver !

L'ex-Veilleur ne prit pas la peine de se retourner, sachant très bien qui était le propriétaire de la voix.

- Cale !

Il continua à marcher vers la mer, sentant la chaleur du sable lui réchauffer les pieds.

- Logan ! Bon sang, vous m'entendez ?!

Un sourire presque sadique se dessina sur ses lèvres, savourant la frustration de McKennon dans le timbre de sa voix. Il n'aimait pas ce gars et n'allait rien faire pour que le contraire se produise, tout le monde ne pouvait pas l'aimer et il ne pouvait pas aimer tout le monde. C'était aussi simple que cela.

Il jeta néanmoins un coup d'œil derrière son dos et distingua McKennon retourner s'asseoir à côté du couple tranquille, les Cofou – drôle de nom pour des français - qui semblait s'ennuyer fermement.

Logan planta deux grands bouts de branche, trouvés dans la forêt, dans le sable humide sous le niveau de l'eau, y attacha tant bien que mal l'espèce de filet et contempla ce qu'il avait construit. Il se doutait que cela n'allait pas tenir beaucoup de temps mais s'il pouvait attraper un ou deux poissons avec ce truc …

Soudainement, il entendit un vrombissement dans le ciel. Tandis que les trois personnes restées sur la plage se levaient, intriguées, il scruta le ciel et aperçut un petit point noir au loin. Son cerveau mit une dixième de seconde à réaliser ce que pouvait bien être ce petit point et Logan courut vers la plage en hurlant de toutes ses forces vers ses compagnons de fortune. Ce ne pouvait être qu'un avion ou un hélicoptère.

Comprenant ce qu'il disaient, Mckennon et le couple levèrent la tête vers l'engin et crièrent aussi comme ils purent. Quant à lui, Logan se précipita vers le tas de bois calciné – qui avait été éteint le matin-même – et essaya de le rallumé pour faire de la fumée, aidé par l'homme marié. Les deux hommes étaient en nage lorsqu'une flamme se mis à faire flamber le bois et à dégager une fumée qui oscillait entre le noir et le gris. Trois paires d'yeux se tournèrent vers l'avion piloté par une équipe de recherche et attendirent qu'un miracle se produise. Allait-il voir la fumée et se poser pour venir les chercher et mettre fin à ce cauchemar ?

Devant les yeux ébahis, le petit avion fit demi-tour en crachotant un peu de fumée noirâtre derrière lui et disparut au loin vers l'horizon. Les quatre seuls êtres humains vivants sur l'île furent interloqués.

- J'ai du mal à capter ce qui vient de se passer là, commença Cofou en lançant un regard vers sa femme.

- Ces salauds sont repartis sans nous voir, lui répondit McKennon d'un air rageur.

- Mais qu'est-ce qu'on va faire ? s'écria presque en sanglotant Marion Cofou. On ne va pas rester ici toute notre vie quand même !

Son mari, Edouard, tenta de la réconforter en la prenant dans ses bras, ce qui rappela la transgénique à Logan – il aurait tout donné pour la revoir une dernière fois – et une sentiment de mélancolie le submergea. Max lui manquait terriblement.

Des sentiments jusqu'alors atténués étaient en train de refaire surface. La souffrance qu'il avait vécue quand elle était à Manticore semblait vouloir de nouveau lui faire comprendre combien elle comptait pour lui, combien elle occupait une place prépondérante dans sa vie et dans son cœur.

Alors que McKennon se laissait tomber à genoux sur le sable en levant les mains vers le ciel d'un air ridicule, Logan jetait un regard au loin, là où l'avion d'un jaune canari avait disparu.

***

Près de la piste d'atterrissage - Aéroport de Seattle

Quelques instant plus tard

Max sursauta, tous ses sens en éveil. Qu'est-ce qu'elle fait ici, dans ce bureau miteux qui sentait le renfermé ? Son regard se posa sur une liasse de papier qui recouvrait presque le meuble en bois et son esprit, quelque peu abruti par le manque de sommeil – quarante-huit heures de recherches non stop - commença à retrouver le sens de la réalité. Logan. Son avion. Un crash. Des îles.

« Mon Dieu, c'était un vrai cauchemar » pensa-t-elle en se levant de son siège.

Elle avait beau avoir de l'ADN de requin, son corps ne pouvait plus supporter ces aller-retour sans pauses entre Seattle et la zone de recherche.

Enfilant son blouson en cuir, elle sortit de la pièce et longea la bâtiment jusqu'à la Tour de contrôle où se terraient Corr et ses petits copains. Arrivée en haut, elle remarqua un changement d'attitude des employés de l'aéroport et s'adressa sans préambule au responsable :

- Vous avez trouvez quelque chose ?

Corr ne fut pas surpris par le ton brutal de la jeune femme.

- C'est possible.

- Vous avez retrouvez l'avion, c'est ça ?

- Non, répondit-il tout simplement, agaçant par la même occasion la X5.

- Je vous écoute.

- Un de nos avions qui survolait la partie ouest de la zone de recherche a vraisemblablement aperçut une sorte de fumée.

Comprenant en un dixième de seconde ce que cela signifiait, Max lui empoigna le bras d'un geste vif et lui adressa un regard plus que déterminé.

- Dites à vos hommes de partir sur-le-champ.

- Mademoiselle Gue … commença-t-il avant d'être coupé.

- Maintenant ! cria-t-elle, le regard empli de rage et de détermination.

Le directeur Corr sentit une vive douleur au niveau du bras, là elle le maintenant fermement. Il baissa rapidement les yeux, ayant du mal à soutenir le regard d'acier de la jeune femme. Il savait qu'elle possédait une force surhumaine – la journaliste Christina Goldman avait tout expliqué dans son reportage – et il ne voulait pas la voir user de son extraordinaire puissance.

Il hocha la tête, porta une espèce de radio à sa bouche et envoya un ordre.

- Equipe B, départ pour la zone « 51 N ,179 E  » dans deux minutes.

Max lui lâcha finalement le bras, sortit de la tour en dévalant les marches et fila vers l'avion qui s'apprêtait à partir pour cette fameuse zone, le cœur battant à toute pompe. Une sorte d'excitation lui vint ou bien était-ce de la joie ? Elle ne savait pas trop.

Deux minutes chrono plus tard, elle sentit l'appareil s'envoler vers l'océan.

***

Quelque part dans le Pacifique

Dans la soirée – Sept jours après le crash

L'homme blond regarda le ciel d'un bleu très sombre où scintillaient une multitude d'étoiles. Son oncle lui avait appris autrefois le nom de grandes constellations mais il ne se souvenait plus que de La Grande Ourse. En fait, il ne savait même plus où elle se trouvait.

La température de l'air s'était nettement rafraîchie mais il n'avait pas froid ou du moins il s'en fichait. Plus rien n'avait d'importance dorénavant.

Everything's gonna be alright .

La situation était pire que jamais. Plus personne ne viendrait les secourir, ils avaient du mal à trouver de la nourriture, son invention ne leur donnait du poisson que très rarement et leur moral était à zéro. Les Cofou – ce nom lui faisait toujours pensé au Tofu – se lamentait vingt-quatre heures sur vingt-quatre, McKennon semblait s'être enfoui dans un mutisme profond – au moins il n'allait plus lui taper sur le système – et quant à lui, il n'avait plus envie de rien.

Comment aurait réagit Max dans cette situation ? Sans doute plus courageusement que lui. Elle possédait une volonté de fer que possédait presque tous les soldats de toute manière. C'est vrai qu'il se serait cru plus combatif, plus déterminé à survivre. Mais cela faisait longtemps, il ne savait plus vraiment précisément, qu'ils avaient échoué sur cette île.

Un instant, il crut voir une étoile bouger au milieu des autres. Il devait être malade pour croire une chose pareille. En scrutant les cieux de façon plus approfondie, il perçut à nouveau le mouvement de l'étoile. Non, ce n'était pas une étoile mais une lumière !

La lumière semblait devenir plus grosse au fur et à mesure que le temps passait, comme si elle se rapprochait d'eux.

- Tu délires mon vieux, se dit-il à voix haute avant de s'adresser à Edouard Cofou. Vous voyez quelque chose qui bouge dans le ciel ?

L'homme brun examina lui aussi le ciel et, fronçant les sourcils, fit un mouvement de la tête en signe d'acquiescement.

- Vous aller me prendre pour un fou mais j'ai l'impression que cette étoile se rapproche de nous, comme si c'était …

- Un avion, finit Edouard.

Les deux hommes interpellèrent les autres et ils fixèrent tous la petite lumière qui se déplaçait, mouvement qui fut bientôt accompagné par un bruit de moteur.

Logan, McKennon et les Cofou se figèrent sur place, n'osant plus bouger tellement ils n'en croyait pas leurs yeux. Quelqu'un arrivait pour les emmener loin de ce cauchemar, de cet enfer.

Comme la dernière fois, Logan se précipita néanmoins pour allumer un feux et l'engin toucha le sol une presque une demie-heure plus tard, déposant ses passagers sur une des nombreuses îles Aléoutiennes.

 

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