Destins Croisés

Chapitres : 1 2 3

Seattle

2004

Une lumière aveuglante vint remplacer le noir absolu. Où état-il ? Pourquoi avait-il extrêmement mal à la tête au point de vouloir se tirer une balle dans le crâne ? Il distingua des formes floues autour de lui qui émettaient toutes sortes de bruits.

- Eeu ooiii … aa hhui.

Qu'est ce que c'était que ce charabia ? Puis comme par magie, la lumière devient moins importante et deux personnes apparurent à la place des formes floues. Bruce et le vendeur de l'épicerie.

- Tu m'as fait une de ces peurs mon vieux. J'ai bien cru que tu allais y rester.

Johnny se leva légèrement tout en plaçant sa main droite sur son front. Quelque chose clochait, plus il avait de visions et plus ses migraines s'amplifiaient. Sa zone morte allait le condamner ? Il ne voulait pas mourir, il ne voulait pas abandonner Bruce ni Sarah et surtout pas J.J, Johnny Junior, son fils ; le fils qu'il avait conçu avec elle avant son accident de voiture.

L'homme blond se leva péniblement et chercha sa canne qui lui fut rendue par le vendeur.

- Ca va mieux ? s'enquit ce dernier.

- Oui merci.

- Vous avez dit des trucs bizarres quand vous avez pris la carte.

- Des trucs bizarres ? Vraiment ?

- Ouais, du genre « A mort les monstres ! ».

« Monstres », ce mot il l'avait déjà rencontré dans une de ses visions. Maintenant que cette dernière lui revenait, il comprit à qui ça faisait allusion : à l'homme couvert d'écaille et celui à l'apparence d'un chien.

- Vous savez où je pourrais trouver « Jam Pony Xpress » ?

- ‘Connais pas non plus. Où est-ce que vous trouvez tous ces noms ?

- Aucune importance, lança Bruce en poussant Johnny vers la sortie.

- Il y avait un graffiti pas loin, un homme sur un vélo.

Le vendeur haussa les épaules en signe de négation et les deux hommes franchirent la porte d'entrée.

Bruce se tourna presque automatiquement vers son ami pour lui demander des explications.

- C'était quoi cette fois ta vision ? L'apocalypse ? demanda-t-il alors que bien des mois plus tard allait se manifester la vision la plus dure et la plus choquante de toute les visions de Johnny.

McGoper, l'homme qui tenait un garage, arriva en trombe dans un énorme camion d'un blanc immaculé tandis que seule une petite inscription était visible sur un des côtés et mentionnait le nom de son garage.

Johnny et Bruce montèrent à l'intérieur et quittèrent la petite place. Quelques minutes plus tard ils débouchèrent sur une petite route de campagne avec quelques voitures avec eux. Un silence mortel régnait, ce qui mit très mal à l'aise les deux étrangers. Ils ne voulaient pas parler des visions de Johnny en présence du garagiste mais ne savaient pas du tout de quoi parler avec ce dernier. De la météo ? Assez risible.

- Parlez-nous de Seattle. C'est une ville touristique ? tenta Johnny.

- Bof, à part pour le Space Needle, y'a pas beaucoup de gens qui viennent.

Voyant le peu de communication de la part de l'autre homme, Johnny porta son attention sur le paysage qui défilait devant ses yeux. Ils étaient presque arrivés à l'endroit où ils avaient laissé leur voiture. Soudain, la peur de ne plus la retrouver lui traversa l'esprit mais fut vite refouler. Qui voudrait d'une voiture qui ne peut plus démarrer ?

McGoper s'arrêta à un feu rouge tandis que les voitures à leur droite démarraient, celles qui traversaient le carrefour. Ils attendirent une vingtaine de secondes puis Johnny manqua de s'étranger.

- La camionnette ! cria-t-il. Il faut la suivre !

- Qu'est ce qu'elle a cette camionnette ?

- Il y a un type sur un vélo sur ses portes arrières !

Bruce regarda son ami comme s'il était fou.

- Je parle du logo que j'ai vu tout à l'heure dans ma vision. Si on ne démarra pas maintenant on va la perdre.

Un ange gardien passa : alors qu'il s'expliquait, le feu passa au vert. Il écrasa le pied du garagiste sur l'accélérateur et lui ordonna de suivre la camionnette. Ce dernier lui envoya des insanités à la figure mais la suivit tout de même après que Bruce lui ai proposé une petite prime. Les trois hommes partirent donc « à la poursuite » de la mystérieuse camionnette et arrivèrent finalement dix minutes plus tard devant un bâtiment.

Johnny reconnu la place non sans remarquer que celle dans sa vision paraissait nettement moins propre. Le garagiste arrêta son camion, fit descendre des passagers et reçu l'argent que lui avait promis Bruce. La question « comment rentrer après ? » fut remise à plus tard.

Le voyant et son ami s'approchèrent de l'enceinte mais ne virent aucun nom. C'est lorsqu'ils découvrirent la porte d'entrée principale qu'ils purent enfin avoir ce qu'ils voulaient. « Seattle Coursiers » était le nom de la boite. Aucun rapport avec le « Jam Pony Xpress » de la vision et pourtant les deux avaient le même logo. Simple coïncidence ?

- Je veux vous aider ? s'enquit une voix féminine.

Une femme s'apprêtait à ouvrir une porte sur laquelle on pouvait lire « Bureau de Linda Bloyd ».

- Bonjour, je suis Johnny Smith, se présenta-t-il en lui tendant sa main, espérant « voir » quelque chose qui pouvait les aider.

- Linda Bloyd, répondit-elle en lui serrant la main.

Rien. Pas de malaise. Pas de vertiges. Pas de mal de crâne.

Johnny fit un signe à Bruce d'occuper la femme pendant qu'il inspectait les lieux. Il plaça une de ses mains sur les murs mais sans résultat. Il détailla alors ce qui l'entourait.

La pièce n'était pas extrêmement grande mais était répartie en deux zones : une zone pour se relaxer quelques minutes avec deux ou trois fauteuils plus un distributeur de boissons et une zone de travail, celle dans laquelle il se trouvait, simplement constituée de plusieurs étagères remplies de paquets destinés à être livrés et du bureau de Bloyd.

Il s'approcha des étagères, en toucha une puis une deuxième mais en vain, pas la moindre vision. Il décida donc de passer dans l'autre zone, celle où les livreurs pouvait se relaxer. Johnny marcha en direction des fauteuils, s'assit dans l'un puis essaya les autres alors qu'il commençait à perdre patience. Pourquoi cette vision l'avait-elle conduit ici si ce n'était pour rien découvrir ? A moins que ce ne soit pas à l'intérieur mais à l'extérieur du bâtiment …

Le voyant se leva, remercia la patronne de les avoir laisser entrer, attrapa Bruce par le bras et sortit de « Seattle Coursiers ».

***

Terminal City – Seattle

2020

La transgénique observa l'homme inconnu qui venait de se présenter : ses cheveux avaient une couleur qui mélangeait le gris et le blanc, gris clair en quelque sorte, son visage était celui d'un homme entre cinquante et soixante mais avait gardé une étonnante vitalité, il se tenait droit et possédait une canne dans sa main, sûrement à cause d'un accident.

- Vous ne semblez pas faire partie de notre « famille », lui dit-elle assez froidement.

- En effet. Je viens d'une petite ville du Maine et non pas de Manticore, répondit-il sans s'offusquer.

Max cilla. Comment pouvait-il savoir ? Depuis que White les pourchassaient, les transgéniques ne sortaient plus de Terminal City si ce n'est pour en aider certains comme Tony et Jondy.

- Comment connaissez-vous l'existence de Manticore ? s'enquit Logan.

- C'est une longue histoire.

- Nous avons tout notre temps, rétorqua le jeune homme blond nan sans lancer un regard à Max, conscient qu'il avait déjà dit ça.

- Très bien.

« Il y a seize ans, en 2004 donc, j'étais de passage ici à Seattle avec un ami et j'ai eu la première vision qui allait me conduire jusqu'à vous aujourd'hui … »

- Une vision ? Vous êtes voyant ? demanda Tony.

- On peut dire ça oui …

- Alors vous pouvez me dire par exemple si ce petit morveux d'Alec va perdre mes bières à une nouvelle partie de poker ? s'enquit l'homme-lézard.

- Pas vraiment non, rétorqua Johnny. Je ne contrôle pas mes visions et elles me conduisent en général vers des évènements graves.

- Ce qui est le cas pour nous si je comprend bien, déclara Max. Qu'est ce qui peut être pire que ce qui nous arrive maintenant ?

- Vous avez vu quoi dans cette première vision ?

- Un homme pendu par les pieds … et qui semblait mort.

Max, Logan et Mole se regardèrent brièvement. Il parlait du lynchage de Biggs par les habitant de Seattle parce qu'il était un « mutant », un monstre à l'apparence humaine. Maudite soit White et son obsession de vouloir tous les tuer. Tout allait de travers depuis qu'elle s'était évadée une deuxième fois du complexe, depuis qu'elle les avait tous libérés pour qu'ils ne finissent pas brûlés vif.

« Ma deuxième vision m'a révélée l'année du drame, 2020. La suivante m'a conduit à « Jam Pony Xpress » appelé à cette époque « Seattle Coursiers ».

- Pour ne pas oublier ce que je voyais, j'ai tout écris dans un carnet. Depuis la première jusqu'à la dernière, ajouta-t-il.

Johnny leur tendit un petit cahier dont la couverture avait jauni avec le temps. Max l'ouvrit et commença à feuilleté les pages avec un Logan penché sur elle, à deux centimètres de son oreille gauche.

Je ne sais pas où je suis mais il fait sombre vu que la nuit est tombée. Une plaque d'immatriculation me révèle que je suis à Seattle. Il y a un grand feu pas loin de moi et je m'en approche. C'est une croix en forme de « X » qui brûle. Bizarre. Mon sang se glace quand j'aperçois ce qui se trouve au centre d'une foule criante, c'est un corps pendu par les pieds. Un mot retentit dans ma tête « Monstre ». Puis le noir complet.

___

Cette fois il fait jour. Une autre foule est en train de crier et certaines personnes tiennent des pancartes où je peux lire « Nos enfants sont en danger ! Tuer les mutants ! Dehors les monstres ! ». Elle commence à devenir dangereuse. Il faut que je m'éloigne d'elle pour comprendre pourquoi je suis ici. Il y a un journal par terre et j'arrive tout de même à lire la date même s'il est complètement détrempé. Je suis en Mars 2020 … 2020 ! Ma vue se trouble pour revenir à la réalité ensuite.

___

Je crois que je suis toujours à Seattle, les rues sont sales et miséreuses. Un sentiment de haine et de colère s'empare de moi. Des policiers se tiennent devant leur voiture comme s'ils attendaient quelque chose. Puis je vois une petit groupe de personnes qui sortent du bâtiment que nous assiégeons depuis un moment. A la vue de ces policiers, une des personnes semble paniquer, c'est un homme mince aux cheveux châtains clairs. Il crie quelque chose à un autre homme ou plutôt à un autre « monstre » - le mot retendit fortement dans ma tête – qui est couvert d'écaille, comme un reptile. Une sensation de dégoût me vient à la bouche et une envie folle de me jeter sur eux me vient brusquement pour les faire disparaître de cette ville. Je crois que sous cette haine se cache de la peur, la peur de ce qui est différent, de ce qui est inconnu. Une femme policier ordonne de tirer et l'homme aux cheveux châtains se prend une balle dans l'épaule. Un sourire se dessine sur mes lèvres. Je le suis du regard rentrer dans le bâtiment et aperçoit un homme au visage canin. Encore un autre. A droite, je lis une inscription « Jam Pony Xpress ». Le paysage devient noir, une douleur atroce me torture puis je sombre dans le néant.

___

Je suis de plus en plus persuadé que quelque chose de grave va se passer à Seattle et que ça a un rapport avec ces « monstres ». Je suis encore devant le même bâtiment. Mon regard se pose sur des personnes sortant de « Jam Pony Xpress », les mêmes que dans mon autre vision plus quelques autres. Je détaille un femme brune, aux cheveux longs et portant des habits noir. A la vue de cette fille je ressent un amour fou mélangé à de la peur, la peur de la perdre une nouvelle fois. Puis mon regard la quitte et j'aperçois deux hommes suspects et que je connais. Une petite voix dans ma tête me déclare le nom de « White » et que je dois prévenir la jeune femme brune. Je dois la prévenir du danger qu'il représente. Je regarde l'immeuble à l'opposé de « Jam Pony Xpress » et distingue des fusils snipers. Une montée d'adrénaline remonte le long de ma colonne vertébrale et me pousse à sauter brusquement sur le toit d'une voiture, ma force décuplée grâce à mon exosquelette. Je sors un pistolet de mon manteau, crie le mot « Max » et tire en direction de ces bouts de fusils qui dépassent des fenêtres. J'appuie sur la gâchette comme un fou puis descend du toit de la voiture de police et cours me réfugier avec les autres, avec celle que j'ai voulu alerter. Je ressens un malaise et retrouve l'année 2004 subitement.

Logan poussa un petit bruit lorsqu'il lu ses propres sentiments envers Max et cette dernière fit un léger sourire. Elle n'avait pourtant pas besoin de ces lignes pour savoir ce que ressentait le jeune homme à son égard, c'était inscrit dans la façon qu'il avait de la regarder, de lui parler, de lui sourire. Elle remercia mentalement une certaine statuette qui lui avait fait rencontré l'homme de sa vie, l'homme avec qui elle se sentait « normale ».

Elle passa les pages, voulant « voir » à quoi ressemblait la dernière vision de Johnny et sentant son cœur battre dans ses tempes. Si cet homme était venu la trouver pour la prévenir c'est qu'elle n'allait pas s'en sortir. Logan. Qu'est ce qu'il allait devenir ? Est-ce qu'il allait mourir comme elle ? Comme s'il avait lu dans ses pensées, ce dernier déclara :

- Max, tu es sûre de vouloir savoir ?

- Pourquoi tu me demandes ça ? On va peut-être mourir dans quelques jours ou quelques heures !

- C'est notre destin à tous de mourir un jour ou l'autre.

- Comment tu peux me dire ça ?! cria-t-elle sans le vouloir. Après tout ce qu'on a traversé, tout ce qu'on a vécu ensemble. Tu es prêt à tout lâcher sous prétexte que la mort est un phénomène naturel ?! Tu es prêt à me laisser ?

Le jeune homme ne sut quoi dire. Bien sûr qu'il ne voulait pas la laisser, qu'il voulait continuer à espérer un remède pour qu'ils soient « de nouveau » ensemble ! Mais la vérité est qu'il avait peur, peur d'affronter son futur et le fait qu'ils allaient mourir sans avoir eu le temps de se dire combien ils tenaient l'un à l'autre.

Les deux jeunes gens se rendirent compte que tous les yeux étaient braqués sur eux et un sentiment de gène les prirent.

Je ne sais pas où je suis mais il fait sombre, comme dans ma première vision mais je me trouve dans un bâtiment et non à l'extérieur. Tout est délabré, en piteux état, l'immeuble semble avoir été déserté depuis un bon moment. J'entends des cris, des coups de feu dans une autre pièce. Je me dirige vers la source de ces bruits et découvre finalement qui provoque ce brouhaha : une vingtaine de personnes s'affrontent comme des déments, je distingue des hommes habillés en treillis et armé de fusils mitrailleurs tandis que les opposants se composent de civils et de « créatures » telles celles que j'ai vu à l'entrée de « Jam Pony Xpress », armés quant à eux de simples pistolets automatiques. Ces derniers semblent avoir du mal à résister tant l'entraînement et l'armement de leurs ennemis est important malgré leurs dons surhumains. Luttant contre un des « monstres », je reconnais l'homme du nom de « White », il possède lui aussi d'étonnantes ressources pour combattre. Peut-être qu'il vient lui aussi de Manticore ? C'est un nom que j'ai appris dans une des mes visions précédentes. Je m'approche de la jeune femme brune pour laquelle je ressentais de fortes émotions et découvre enfin son visage. Je l'ai déjà vu quelque part … elle portait un tout autre accoutrement sur son vélo de coursier à « Jam Pony Xpress » dans une de mes autres visions. Soudain, après avoir envoyé voler son ennemi, elle porte son regard derrière moi et se met à courir. Je la suis et comprends l'objet de sa course. Un homme blond à lunettes est terrassé par un individu en treillis. Il doit être différent d'eux, sûrement quelqu'un de « normal ». La jeune femme du nom de « Max » est subitement arrêtée dans sa course par White qui la menace avec un automatique. Il lui déclare qu'elle est finie, elle et sa bande. Max regarde autour d'elle et constate en effet que ses hommes ont vaincu ses amis puis pose son regard sur l'homme portant des lunettes, dans le même état que les autres voire pire, n'ayant pas la même robustesse. Je sens une douleur dans ma tête, me criant que ma vision va se terminer et retrouve le même bâtiment mais seize ans avant et grouillant de monde.

- Pourquoi nous prévenir, nous ? Biggs a été victime de cette guerre. Pourquoi ne pas l'avoir prévenu de sa mort ? s'enquit Max.

- Sûrement parce que votre mort va déclenché quelque chose de grave.

- Alors la prophétie de White et de ses copains est vraie … marmonna Logan à moitié pour lui.

- Il n'y a plus de temps à perdre alors, il faut trouver des armes plus puissantes, des gilets par balle et que-sais-je encore. Il ne faut pas que cette bataille se finisse sur notre mort sinon l'aide de Johnny n'aurait servi à rien.

- Je pense que Matt Sung peut m'aider, il sera sûrement d'accord pour me procurer des armes et des gilets. Pour le Veilleur qui sert la cause de Terminal City.

Logan s'éloigna de la transgénique et alla chercher son téléphone portable tandis que Max, Mole et Tony allèrent trouver les autres pour leur expliquer l'importance de la réussite de leur combat.

***

Quelque part dans Seattle

2004

L'homme blond releva la tête et jeta un coup d'œil autour de lui. Il était dans un petit café, où quelques personnes venaient boire un verre pour se décontracter. Bruce était assis à côté de lui à une table et lisait le journal de la région tandis que Johnny s'apprêtait à finir d'écrire ce qu'il voyait dans ses visions dans un petit cahier qu'il avait acheté une heure plus tôt. Il ne voulait pas garder ça pour lui vu qu'il ne pouvait pas changer ce qui allait arriver, en tout cas pas maintenant mais dans seize ans. En espérant qu'il ne meurt pas avant dans un bête accident ou à cause de la zone morte de son cerveau. Le "voyant" écrivit les dernière lignes, décrivant parfaitement ce qu'il avait vu et ce qu'il avait ressentit. Il fallait qu'il prévienne cette jeune femme du nom de « Max » du danger que représentait l'homme qui s'appelait White. Il ne savait pas pourquoi mais sentait au plus profond de soi que la mort de cette fille pouvait conduire à un désastre, à un changement radical de la vie des personnes sur Terre.

- Ca y est ? T'as fini ? s'enquit son ami noir.

- On peut y aller, je ne peux plus rien faire maintenant si ce n'est attendre que le jour où je dois la prévenir arrive.

- Vivement qu'on prenne la route, je commence à en avoir ma claque de cette ville où il n'y a même pas de restaurants ni de cinémas.

Johnny afficha un sourire à la remarque de son ami, referma son cahier, se leva de sa chaise alors que Bruce payait son café puis il sortirent.

***

Terminal City – Seattle

2020

Max regarda ses amis s'affairer : ils avaient réussi à vaincre White et sa petite armée de Familiers grâce à leur équipement plus sophistiqué que Sung avait réussi à dénicher Dieu seul le sait comment et grâce à leur désir de réussite. White allait être jugé par son propre tribunal, celui des Familiers les plus anciens pour son manque de rigueur et pour sa défaite. Elle ne savait pas vraiment s'il allait en rester là, sûrement que non mais ça n'avait plus d'importance, le fait d'avoir vu tous ses amis mourir avait encore plus renforcé son idée de prudence.

- J'ai reçu un coup de fil, je dois vous laisser, lança Johnny à son égard.

- Merci, rétorqua-t-elle en lui souriant.

Johnny fit de même avec Logan qui lui serra la main, ayant oublier un instant le don de l'homme et eut le regard vide durant une dizaine de secondes.

- Avec le temps vous guérirez, croyez moi, déclara-t-il après avoir retrouvé ses esprits.

Armé de sa canne et de son petit cahier, il repartit donc vers le Maine alors que Max et Logan analysaient ce qu'il venait de dire. Un espoir de guérison, un espoir d'être à nouveau tous les deux et sans barrière génétique.

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